Cftcoinvest.com arnaque : comment construire un dossier solide pour récupérer son argent

Cftcoinvest.com, qui se présente sous le nom CFT Conseil et Investissement, propose des offres de crédit pouvant atteindre un million d’euros. Plusieurs signaux factuels — domaine très récemment créé, demandes de frais préalables au déblocage — correspondent aux schémas classiques de fraude au faux crédit identifiés par l’ACPR et la Banque de France.
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Ce que je vois en premier quand un dossier Cftcoinvest.com arrive sur mon bureau
Quand quelqu’un me contacte après avoir affaire à Cftcoinvest.com, le tableau est presque toujours le même. La personne a trouvé le site en cherchant un crédit rapide, elle a été séduite par des montants présentés comme accessibles — entre 5 000 et 1 000 000 d’euros selon les pages du site — et elle a fini par verser une somme avant de voir la moindre entrée d’argent sur son compte. Parfois il s’agit de frais d’assurance, parfois de frais administratifs, parfois d’une prétendue caution. Le nom change, la mécanique est identique.
Ce type de fraude porte un nom précis : le faux crédit. L’ACPR et la Banque de France ont clairement établi que les demandes de paiement préalable au déblocage d’un prêt constituent un signal d’alerte majeur. ABE Infoservice, service commun à ces deux institutions et à l’AMF, rappelle qu’une personne concourant à l’obtention d’un crédit ne peut légalement percevoir aucune somme avant le versement effectif des fonds prêtés. Une telle demande est donc en elle-même un acte irrégulier.
Première étape : établir la chronologie exacte
Avant de toucher à quoi que ce soit d’autre, je reconstitue la ligne du temps. Date du premier contact, canal utilisé (site, e-mail, téléphone, SMS), nature de chaque échange, date et montant de chaque virement. Cette chronologie est le squelette du dossier. Sans elle, rien ne tient.
Pour la construire, voici ce que je demande systématiquement :
- Tous les e-mails échangés, dans l’ordre, avec les en-têtes complets (ne pas supprimer les métadonnées).
- Tous les SMS ou messages issus d’applications de messagerie, avec les dates visibles.
- Les captures d’écran du site tel qu’il apparaissait au moment des faits — les sites frauduleux disparaissent ou changent vite.
- Les documents contractuels transmis : contrats, offres de prêt, courriers officiels.
- Les coordonnées bancaires qui ont été communiquées (IBAN destinataire, nom du titulaire du compte, domiciliation).
Je note aussi les coordonnées des interlocuteurs : numéros de téléphone, adresses e-mail, noms ou pseudonymes utilisés. Chaque détail peut servir à identifier un bénéficiaire ou à relier le dossier à d’autres victimes.
Deuxième étape : rassembler les preuves bancaires
Les relevés de compte sont des pièces centrales. Je demande les relevés couvrant la période complète des opérations litigieuses, avec les références de chaque virement sortant. Ces références permettent parfois de retrouver un compte intermédiaire ou d’identifier la banque destinataire.
Je demande également les justificatifs de virement émis par la banque au moment de chaque opération. Ces documents mentionnent des informations que le relevé seul ne contient pas toujours. Enfin, si la victime a utilisé une carte bancaire, les relevés de paiement par carte sont distincts des virements et doivent être rassemblés séparément.
Un dossier bancaire incomplet affaiblit considérablement la procédure. La banque contactée tardivement a moins de leviers pour intervenir. C’est pourquoi le premier réflexe, avant même de me contacter, doit être d’appeler sa banque et de signaler les opérations suspectes en précisant les dates et les montants exacts.
Troisième étape : vérifier l’identité réelle de l’interlocuteur
C’est souvent là que les dossiers se compliquent. Cftcoinvest.com affiche les coordonnées d’une société française : CFT Conseil et Investissement, SIREN 948 780 887, domiciliée au 211 rue des Moulins à Fontenay-sous-Bois. Cette société existe bien dans les registres officiels — l’Annuaire des Entreprises la référence comme active.
Mais l’existence d’une société immatriculée ne signifie pas que chaque interlocuteur, chaque adresse e-mail ou chaque site qui s’en réclame est réellement exploité par elle. L’ACPR le rappelle régulièrement : les fraudeurs usurpent fréquemment l’identité de professionnels réellement enregistrés pour donner une apparence crédible à des offres fictives.
Dans un dossier solide, je compare systématiquement :
- Les coordonnées utilisées par l’interlocuteur avec celles figurant dans les registres officiels.
- Le numéro ORIAS affiché (ici 23004601) avec l’inscription réelle sur le registre officiel de l’ORIAS.
- L’adresse e-mail de contact avec le nom de domaine du site : une adresse Gmail ou un domaine différent du site est un signal immédiat.
- L’ancienneté du domaine : selon les données techniques disponibles, cftcoinvest.com a été enregistré le 1er août 2026, ce qui est très récent pour une structure qui prétend à une expérience établie.
Cette vérification permet de déterminer si nous sommes face à une usurpation d’identité ou à un agissement directement imputable à la société déclarée. La qualification juridique des faits en dépend.
Ce qui fait la différence entre un dossier solide et un dossier faible
J’ai instruit beaucoup de dossiers de faux crédits. La différence entre ceux qui avancent et ceux qui piétinent tient rarement à la somme en jeu. Elle tient à la traçabilité.
Un dossier solide, c’est un dossier dans lequel chaque euro versé est documenté, chaque échange est daté, chaque interlocuteur est identifié au maximum. Un dossier faible, c’est un dossier dans lequel la victime a supprimé des messages « parce qu’elle avait honte », dans lequel les captures d’écran n’ont pas été prises avant que le site change, dans lequel les virements ont été faits depuis le compte d’un proche sans que les justificatifs soient conservés.
La honte est compréhensible. Mais elle ne doit pas dicter les décisions pratiques. Les fraudes au faux crédit visent des personnes en situation financière difficile, qui cherchent légitimement une solution. Ce n’est pas une faute. Ce qui compte maintenant, c’est la qualité des pièces.
Pour en savoir plus sur la manière dont le cabinet spécialisé dans la défense des victimes d’escroqueries financières traite ce type de dossier, les grandes étapes de la procédure sont détaillées sur le site du cabinet.
Le dépôt de plainte : quand, comment, avec quoi
Le dépôt de plainte n’est pas la première démarche — c’est la banque qui doit être alertée en priorité. Mais il intervient rapidement dans le déroulé du dossier.
La plainte peut être déposée auprès de la police, de la gendarmerie ou directement adressée au procureur de la République. Elle doit être accompagnée d’un maximum de pièces : chronologie des faits résumée clairement, preuves des échanges, relevés bancaires, coordonnées des interlocuteurs et du compte destinataire.
Un dépôt de plainte bien documenté est plus utile qu’un dépôt de plainte précipité et vide. Prendre deux jours pour rassembler les pièces avant de se rendre au commissariat vaut mieux qu’y aller les mains vides.
Sur le site de Jocelyn Ziegler, avocat, vous trouverez des informations complémentaires sur les démarches à entreprendre selon la nature de la fraude subie.
Un piège à éviter absolument après la fraude
Une fois qu’une personne a été victime d’une arnaque au faux crédit, elle devient une cible pour un deuxième type de fraude : ce qu’on appelle les arnaques à la récupération. Un nouvel interlocuteur prend contact, prétend appartenir à une banque, à une autorité financière ou à un cabinet juridique, et promet de retrouver l’argent perdu — contre paiement préalable de frais de déblocage ou de transfert.
L’ACPR met expressément en garde contre ces montages, qui utilisent parfois l’identité d’autorités publiques pour paraître crédibles. La règle est simple : ne jamais verser une nouvelle somme parce qu’un inconnu affirme avoir localisé les fonds perdus. Aucun professionnel légitime ne fonctionne ainsi.
Ce que je dis aux personnes qui consultent tardivement
Il arrive que des personnes me contactent plusieurs mois après les faits. Elles ont attendu parce qu’elles espéraient encore recevoir le crédit promis, ou parce qu’elles ne savaient pas à qui s’adresser, ou simplement parce que la situation était difficile à affronter.
Dans ces cas, je travaille avec ce qui est disponible. Les pièces conservées, les relevés récupérables, les échanges retrouvés dans une boîte mail. Ça n’est pas idéal, mais ce n’est pas sans issue non plus. Ce qui compte, c’est de commencer à constituer le dossier maintenant, pas dans six mois supplémentaires.
FAQ
CFT Conseil et Investissement est-elle une vraie société ?
Oui. Une société CFT CONSEIL ET INVESTISSEMENT est immatriculée sous le SIREN 948 780 887 et domiciliée à Fontenay-sous-Bois. Elle figure dans les registres officiels comme active. Cela ne signifie pas que chaque interlocuteur ou chaque site se réclamant de cette identité est réellement exploité par elle : l’usurpation d’identité de sociétés existantes est un procédé documenté par l’ACPR.
Est-il illégal de demander des frais avant de débloquer un prêt ?
Oui. ABE Infoservice précise qu’une personne qui concourt à l’obtention d’un prêt ne peut percevoir aucune rémunération avant le versement effectif des fonds prêtés. Une telle demande est irrégulière en soi.
Que faire si j’ai déjà transmis mes documents d’identité ?
Conserver une copie de tout ce qui a été transmis et rester vigilant face à d’éventuelles tentatives d’usurpation d’identité. Signaler la situation à sa banque et envisager un dépôt de plainte permet de créer une trace officielle utile si des opérations frauduleuses se produisent ultérieurement en votre nom.
Combien de temps ai-je pour agir ?
Agir vite est toujours préférable, notamment pour les démarches auprès de la banque. Les délais légaux varient selon la nature des opérations et le mode de paiement utilisé. Un avocat peut évaluer les options disponibles en fonction des circonstances précises du dossier.
Un avocat peut-il m’aider même si je n’ai pas conservé toutes les preuves ?
Oui. Certaines pièces sont récupérables — relevés bancaires, historiques d’e-mails, données de virement. Le bilan des pièces disponibles est la première chose à établir ensemble.
Vous êtes concerné par ce type d'arnaque ?
Le cabinet Ziegler & Associés étudie chaque dossier individuellement. Décrivez-nous votre situation et nous vous indiquerons les recours possibles.
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